Journal Passerelle CHU BORDEAUX

Une équipe, constituée d’un neurochirurgien (Pr Vignes), d’un anesthésiste (Dr Siao), d’une infirmière de bloc opératoire (Mme Bucherie), d’une infi rmière d’anesthésie-réanimation (Mme Lamare) et d’un neuro-pédiatre (Dr Rivera) s’est rendue à l’hôpital général de Yaoundé pour une deuxième mission d’une semaine. Elle a permis d’opérer près d’une douzaine d’enfants atteints de malformations ou de tumeurs. L’accent a été mis sur le développement des techniques endoscopiques, notamment dans la prise en charge des hydrocéphalies, maladie fréquente et curable en Afrique. Ces techniques permettent, en effet, de traiter les enfants sans devoir mettre en place une valve de dérivation ventriculo-péritonéale, dont le prix à l’achat est élevé, et nécessitant un suivi beaucoup plus contraignant. L’accueil a été particulièrement chaleureux, le Pr Eyenga, chef de service, aidé par le Pr Eloundou, président des neurochirurgiens camerounais, a pu mobiliser tout son service pour permettre une optimisation des actions qui ont été multiples : une formation complète de toute l’équipe sur la technique de ventriculo -cisternostomie endoscopique, avec un temps chirurgical, anesthésique et paramédical ; une formation spécifique pour le personnel infirmier (la transfusion sanguine, la prise en charge pré et post opératoire en neurochirurgie pédiatrique, le lavage simple des mains, la réfection des pansements), des consultations d’anesthésie, de neuro -pédiatrie et de chirurgie. Cette rencontre a été l’occasion de signer une convention entre les deux établissements, et le Pr Nouedoui, directeur médical de l’établissement, a pu confi rmer la nécessité de poursuivre cette collaboration, en accord avec le ministère de la santé camerounais. Il s’agit donc d’un partenariat institutionnel, médical et humain à long terme qui a pu se faire grâce au secrétariat général, direction de la stratégie, coopération et développement durable du CHU de Bordeaux (Mme Valentin), dans le but de favoriser le développement de la neuro chirurgie pédiatrique dans cette région de l’Afrique. Par ailleurs, l’association TEO Aquitaine (Dr Gimbert) a permis de financer le déplacement des cinq bordelais, ainsi que la mairie de Bordeaux, qui par l’intermédiaire de M. de Gaetan, adjoint au maire, a pu nous confirmer que le Club Bordeaux-Cameroun soutiendra cette collaboration. Devant la grande réussite de ces deux missions, il est envisagé une coopération analogue dans le domaine de la chirurgie cardiaque pédiatrique. Ces associations ont pour mission commune d’accompagner et de soutenir les patients et les familles. Par exemple, en ce qui concerne le secteur pédiatrique, les bénévoles proposent de réaliser des projets « rêves » pour les enfants : visites de parcs d’animation, rencontres avec des personnalités dans le domaine du sport ou du spectacle. Les associations s’impliquent également avec les équipes de direction des sites pour améliorer la qualité de l’accueil et du séjour, dans une réflexion partagée. Par ailleurs, des associations de patients s’associent au développement de la recherche médicale en partenariat avec le corps médical. Le 8 décembre prochain, la direction générale du CHU organise une rencontre avec l’ensemble des associations. Cette manifestation s’inscrit dans le cadre des orientations relatives à la place des usagers dans la vie et le fonctionnement du CHU. Elle a pour objectif de valoriser et reconnaître l’implication des associations dans leurs actions auprès des patients mais également avec les équipes du CHU. A cette occasion, le directeur général présentera les grands projets et les perspectives de l’établissement. Une table ronde permettra également d’apporter des éclairages complémentaires relatifs à la notion d’engagement durant laquelle interviendront des bénévoles et des professionnels soignants. Cette rencontre se terminera par un temps d’échanges et de convivialité. Luc Durand, Directeur du département des soins, du service social et des relations avec les usagers Coopération 5 p CHU de Bordeaux / Hôpital général de Yaoundé CHU - Associations Un engagement commun pour le patient Passerelles - JOURNAL D’INFORMATION INTERNE DU CHU DE BORDEAUX - Octobre 2014 - n°74 76 associations s’engagent auprès des patients sur la base d’une convention de bénévolat avec la direction du CHU pour maintenir le lien avec l’entourage et ainsi rompre l’isolement. En mai 2014, pour la deuxième fois, une équipe du CHU de Bordeaux s’est investie dans une collaboration durable avec le Cameroun dans la prise en charge neurochirurgicale des enfants malades. 

Une mission humanitaire à Yaoundé pour le traitement de l’hydrocéphalie

Des neurochirurgiens français lancent une campagne de soins lundi à l’Hôpital général.

 Des perspectives nouvelles s’annoncent pour des familles camerounaises : leurs enfants souffrant de tumeurs cérébrales en seront soulagés. La bonne nouvelle est apportée par des neurochirurgiens membres des associations Teo 2004 Paris, Teo Aquitaine Bordeaux et la société camerounaise de neurochirurgie. Ces trois associations ont décidé de se mettre ensemble pour développer certains gestes dans la neurochirurgie pédiatrique. Jusqu’au 8 mai, l’Hôpital général de Yaoundé leur servira donc de cadre pour exposer leur savoir-faire sur le thème : « La ventriculocysternostomie endoscopique dans le traitement de l’hydrocéphalie ».

L’hydrocéphalie ? C’est une anomalie neurologique sévère, définie par l'augmentation du volume des espaces contenant le liquide céphalo-rachidien. Concrètement, l’enfant affecté présente une tête énorme. A ce jour, près de 60 petits malades ont déjà été reçus et les cas les plus urgents vont subir dès ce lundi des interventions chirurgicales. Selon le président de la société camerounaise de neurochirurgie, une dizaine de patients entrera au bloc opératoire. « A compter de ce lundi jusqu’à jeudi, nous nous sommes fixés d’opérer trois patients par jour. Tout comme nous pouvons aller au-delà. Ça dépendra des cas », explique le Pr Joseph Eloundou.

Pour cette deuxième mission humanitaire, l’équipe conduite par le Pr Jean-Rodolphe Vignes est venue avec des valises pleines de produits et d’appareils hyper-performants. Ces appareils ont d’ailleurs été installés au bloc opératoire réservé, à cet effet, vendredi dernier.  Un plateau technique flambant neuf qui, d’après le Pr Victor Claude Eyenga, rassure à lui tout seul le patient. « Ce matériel restera définitivement au profit de l’Hôpital général de Yaoundé. Ce qui nous permettra d’intervenir désormais sur place au pays », affirme le Pr Eyenga qui fait savoir par la suite que durant le séjour de la mission française à Yaoundé, le coût du traitement des maladies du système nerveux sera divisé par quatre. « La neurochirurgie coûte cher. Elle se pratique entre 3 275 000 F et 16 375 000 F à l’étranger. A cela, il faut ajouter l’hébergement et le billet de voyage », conclut-il.

Le Pr Jean-Rodolphe Vignes et ses collaborateurs ne rentreront pas au CHU de Bordeaux où ils exercent permanemment sans toutefois avoir transmis leurs connaissances aux étudiants en médecine. Des conférences-débats et des cours para médicaux sont aussi au programme de cette mission.